Voulez vouv danser Gainsbourg?

Voulez vouv danser Gainsbourg?

OCTAVIO DE LA ROZA, DE BEJART A GAINSBOURG…

Lui le petit argentin des rues, débute les cours de claquettes à l’âge de 6 ans à Buenos Aires. Né de père inconnu, Octavio Stanley est le fils d’une ancienne danseuse de la compagnie Holiday on Ice qui continuera sa car- rière comme chanteuse de cabaret. Il portera le nom de « Stanley » jusqu’en 2007 puis il adoptera celui de sa mère « de la Roza ».

A 10 ans, sa mère l’inscrit à l’école de danse de l’Institut supérieur d’art du Théâtre Colón. En même temps il fait l’apprentissage de la pauvreté dans les rues de Buenos Aires, en exerçant le cirage de bottes ambulant et le travail de clown dans les autobus pour gagner sa vie.

UNE AFFICHE

Le Béjart Ballet Lausanne est en tournée en Argentine. Octavio a 17 ans, il est beau, grand, un peu ténébreux et a tous les cou- rages et des envies d’ailleurs. Octavio danse bien, Béjart sait à l’instant qu’il peut faire mieux encore. Il l’invite à rejoindre son école, Rudra, pour 2 ans, puis lui impose quelques mois à l’Opé- ra de Paris la rude discipline du maître Serge Golovin.

Octavio est au Béjart Ballet Lausanne. Maurice Béjart lui confie très tôt les premiers rôles. Il est le héros du Boléro, la victime expiatore du Sacre du Printemps, L’Aigle Noir de Barbara, Tamino de La Flûte Enchantée, Shiva dans Bakti III ou Winter’s Tale dans Ballet for Life. Béjart créé pour lui L’Après-midi d’un Faune, Solo Grec, L’Aigle Noir, Che, Quijote y Bandonéon et Le Chant du clown errant.

Le Béjart Ballet Lausanne, une nouvelle famille peut-être? La confiance, l’amitié s’installent. Maurice remplit tous les rôles. Et aussi le plus beau, le plus secret, loin des lumières, l’ami, le père qu’il n’a pas eu, le confident. Pour Maurice, « Octavio s’est révélé être le grand danseur que j’attendais enfin». Béjart écrira pour Octavio le livre « Lettres à un jeune danseur », un recueil des lettres adressées à Octavio et de confessions sur la danse. Octavio sera présent jusqu’à son dernier souffle. Une aventure de 10 ans. Octavio quitte le Béjart Ballet Lausanne. On est en 2008, il pose les fondations de la Compagnie Octavio de la Roza. Un an plus tard il crée « Lettres à Maurice Béjart », un adieu lancé à un ami, une passerelle entre deux mondes, deux vies.

En 2009, il rencontre Jane Birkin à Genève. Séduite par Octavio, sa ferveur et son projet « Voulez-vous danser, Gainsbourg ? », elle présente son dossier à la fondation des héritiers de Serge Gainsbourg qui lui accorde les droits d’adaptation. Dans cette pièce, il retrace l’univers de Gainsbourg, ce séducteur accompli, amoureux des femmes et son imagination infinie, en passant par Gainsbarre et ses excès. Toute la fougue du danseur étoile de Béjart est là et dans cette création «gainsbourienne» il ouvre son cœur, raconte son histoire et celle de Gainsbourg.

OCTAVIO DE LA ROZA DANSE DES CHANSONS
DE SERGE GAINSBOURG PAR FRANÇOIS RÉGNAULT

Il danse avec deux danseuses, qu’il semble séduire tour à tour, ou en même temps, et qui le séduisent aussi. C’est érotique et c’est très amoureux (comme le Faune avec ses deux Nymphes). Son ballet s’appelle: Voulez-vous danser, Gainsbourg? Retenez bien la virgule, car c’est une invitation à Serge Gainsbourg de venir danser. Avec lui, avec elles, avec les trois, pourquoi pas ? C’est dans le style de Gainsbourg, et de son beau film Je t’aime mon non plus (mais c’étaient deux garçons et une fille). Serge Gainsbourg est donc là, puisque c’est lui qu’on entend. Sa voix envoûtante, entre la parole et le chant, avec ses silences, ses hésitations, ses arrêts, ses jouis- sances secrètes. Et voici qu’Octavio danse sur ces chansons-là, j’ai presque envie de dire qu’à son tour il danse ces chansons, et qu’il les danse avec le chanteur. Ce qui pourrait sembler difficile, parce que les rythmes de Serge Gainsbourg sont subtils. Mais justement la chorégraphie d’Octavio est subtile elle aussi, non qu’elle illustre les chansons, mais il les change en danse, et il ménage lui aussi ses pauses, ses arrêts, ses alternances de lenteur et de vivacité, ses jouissances à lui aussi, qui viennent d’ailleurs!

C’est Octavio de la Roza, lui-même tout entier, dont il danse la vie, non celle de Gainsbourg, à qui malgré tout des affinités pro- fondes le lient, retrouvailles mystérieuses entre le Chanteur, qui vous donne le sentiment de chanter au plus profond de vous- même et de votre désir, et le Danseur dont les sourcils, dont les lèves ourlées, dont les regards, dont la démarche de félin – oh ! mais attention, il est fort comme un fauve – ont des charmes doux et profonds, baudelairiens dirai-je. Imaginez-le danser, si vous ne l’avez vu, le Boléro de Béjart, sur la haute table rouge-oranger, et l’Elu, du Sacre du printemps, de Béjart, et bien d’autres, comme je l’ai vu, de Béjart qui, depuis qu’à 17 ans, là-bas, il le rencontra, lui a appris la grande danse (avec un séjour de deux ans à l’Opéra de Paris sous la férule de Serge Golovin), et chez qui il aura dansé onze ans, fidèle jusqu’à la fin.

Et puis aussi parce qu’on ne parle jamais si bien de soi-même que lorsqu’on s’inspire des autres, du Maître unique, des êtres aimés, du Chanteur mort il y a vingt ans dont il orchestre les chansons dans son espace, et de tous ceux qui vous aident à continuer, à inventer, à trouver, à vivre… A inventer cette zone ronde et aisée, avec sa part de lumière et son entour d’ombre, et ces variations de rythme, et les pas entre les chansons, et les figures avec les femmes et avec le jeu des vêtements, et lui, s’offrant sans réserve mais non sans pudeur, et gagnant notre sympathie dès qu’il entre dans la danse!

Extraits de presse de «Voulez Vous Danser Gainsbourg?» au Festival d’Avignon 2011

«Avec beaucoup de finesse et d’émotion, à vous en donner la chair de poule. Une création audacieuse et de caractère» Le Dauphiné Libéré 24 Juillet 2011

«Octavio de la Roza met en scène un bijou d’expression corporelle et scénique. L’alchimie des danseurs sublime la prose. Un spectacle de poésie pure qui invite à la rêverie» La Marseillaise 18 Juillet 2011

«Octavio de la Roza montre une fois encore son immense talent. Sa complicité avec les danseuses est un plaisir des yeux. Un beau moment de souvenirs et de fougue juvénile» Midi Libre 21 Juillet 2011

Avec le soutien de : Ville de Sion, Loterie Romande, Migros pour-cent Culturel, Fondation Coromandel, Fondation Notaire André Rochat, Fondation Thomas Stanley Johnson, Thomas Steinmann, Ernst Göhner Stiftung, Clinique de La Source Lausanne et Sophie und Karl Binding Stiftung.

Chorégraphie et costumes Octavio de la Roza
Scénographie Elèn Patrick Rion
Lumières Bert De Raeymaecker
Danseurs Camilla Colella, Octavio de la Roza et Camilla Guasti
Oeil extérieur Gianni Scheneider
Ecriture François Régnault
Musique Serge Gainsbourg et Frédéric Chopin
Arrangements Mr Qwertz
Technique Cie Octavio de la Roza
Photographies Gilles Morelle et Philippe Pache
Coproduction Cie Octavio de la Roza et Théâtre Interface
Communication visuelle Naila Maiorana